En Corée du Sud, Seollal n’est pas qu’un simple changement de date sur le calendrier : c’est le Nouvel An lunaire, l’un des moments les plus importants de l’année, où toute une société se met au rythme des retrouvailles familiales et des grands repas de fête. Pendant quelques jours, les routes se remplissent de voyageurs qui rejoignent leur ville natale, les maisons se préparent à accueillir les ancêtres, et les tables se couvrent de plats pensés pour porter chance, santé et prospérité. Au cœur de cette célébration, chaque geste compte, de la disposition des mets sur la table au choix des tenues traditionnelles.
Seollal est aussi une fête que l’on comprend particulièrement bien en observant ce qui se passe dans les assiettes. La fameuse soupe de gâteaux de riz, le tteokguk, que l’on déguste le matin du Nouvel An, marque symboliquement le passage à un nouvel âge. Les galettes salées, les raviolis mandu préparés en famille, les vermicelles japchae colorés, sans oublier le kimchi parmi les banchan, composent un véritable langage culinaire où chaque plat raconte un souhait pour la nouvelle année. Cette lecture de Seollal “par la table” fait naturellement écho à la philosophie du repas coréen que fait découvrir Comptoir Coréen à Paris.
Pour les amateurs de cuisine coréenne, les passionnés de culture K et les curieux en quête de nouvelles expériences gastronomiques, Seollal est une porte d’entrée idéale. Cette fête permet de relier rituels ancestraux, art de la table et plaisir très concret de partager un repas généreux, que l’on soit à Séoul, à Lille lors d’un grand festival dédié à la culture coréenne, ou attablé dans un restaurant coréen. Comptoir Coréen vous propose d’explorer Seollal à travers ses rituels, ses plats emblématiques et leurs symboles, avec un fil conducteur : comment retrouver cet esprit de Nouvel An coréen dans un repas vécu ici, dans l’un de nos restaurants coréens à Paris, entre amis ou en famille.
Comprendre Seollal, le Nouvel An coréen
Seollal désigne le Nouvel An lunaire coréen, célébré le premier jour du calendrier lunaire, entre fin janvier et mi-février. En 2026, Seollal tombe le 17 février, avec plusieurs jours consacrés aux retrouvailles familiales et aux grands repas de fête. C’est l’un des moments les plus importants de l’année en Corée du Sud : pendant trois jours, le pays vit au rythme des départs en famille, des rituels ancestraux et des tables dressées avec soin. Au-delà de la date, Seollal marque surtout un nouveau cycle, l’occasion de repartir sur de bonnes bases, de se souhaiter le meilleur et de renforcer les liens familiaux.
Cette fête se distingue par une atmosphère très particulière : rues plus calmes, gares bondées, maisons animées dès l’aube, tables dressées avec soin. On se prépare à accueillir les ancêtres, à saluer les aînés, à cuisiner des plats que l’on ne prépare pas nécessairement tous les jours. Seollal réunit ainsi trois dimensions intimement liées : la famille, la mémoire des ancêtres et la cuisine. C’est cet équilibre entre spiritualité, tradition et convivialité qui en fait une fête si singulière.
Pour mieux saisir la place de Seollal dans le quotidien des Coréens, il est utile de le comparer à un repas coréen de tous les jours. La même logique d’harmonie, de partage et de variété se retrouve, mais amplifiée : plus de plats, plus de symboles, plus de gestes codifiés autour de la table. Si vous souhaitez approfondir la structure d’un repas coréen dans un contexte moins cérémoniel, notre article Le repas traditionnel coréen – guide complet détaille la place du riz, de la soupe et des banchan dans l’art de vivre coréen.
Sens et symbolique de Seollal
Famille, ancêtres et renouveau
Seollal est avant tout une fête de la famille. Les générations se retrouvent sous le même toit, parfois après plusieurs heures de route, pour partager un repas qui honore autant les vivants que les ancêtres. Le matin, les rituels de table et les salutations formelles rappellent que chacun fait partie d’une histoire plus grande que lui : celle de sa lignée, de son village, de sa culture.
La symbolique du renouveau se traduit dans chaque détail : maison rangée, tenues propres ou neuves, table parfaitement dressée, vœux échangés avec soin. On pourrait résumer Seollal ainsi :
Seollal, c’est le moment où l’on remercie les ancêtres pour le chemin parcouru et où l’on confie symboliquement l’année à venir aux mains de la famille réunie.
Une fête sœur de Chuseok
Dans le calendrier coréen, Seollal a une « sœur » tout aussi essentielle : Chuseok, la grande fête des moissons. Là où Seollal célèbre le début d’un nouveau cycle, Chuseok met à l’honneur les récoltes et la gratitude pour l’abondance de l’année écoulée. Toutes deux ont en commun un grand repas familial, des hommages aux ancêtres et des tables généreusement garnies, même si l’accent porte plutôt sur le renouveau à Seollal et sur la récolte à Chuseok.
Si vous souhaitez mieux comprendre ce duo de fêtes et la façon dont la Corée rythme l’année entre célébration du temps qui passe et moments de partage autour de la table, l’article dédié à Chuseok, la fête coréenne des moissons permet d’explorer cette autre grande date du calendrier traditionnel et d’enrichir encore votre regard sur Seollal.
Rituels de Seollal : du charye aux salutations
Le charye, table d’offrandes aux ancêtres
Au matin de Seollal, la maison s’anime très tôt autour de la préparation du charye, la cérémonie d’hommage aux ancêtres. On dresse une grande table recouverte de plats soigneusement choisis : bols de riz et de soupe, viandes, poissons, légumes assaisonnés, fruits, gâteaux de riz et alcool traditionnel. Chaque élément a sa place, selon une logique précise qui vise à créer une table harmonieuse, lisible pour les ancêtres que l’on invite symboliquement à partager le repas.
La famille se rassemble alors face à cette table rituelle. L’aîné verse l’alcool d’offrande, allume parfois de l’encens, puis tous effectuent des prosternations profondes. Ce moment solennel ne se limite pas à un geste codifié : il s’agit de remercier les générations précédentes, de leur demander protection et de souhaiter que l’année qui commence soit placée sous le signe de la paix et de la prospérité. Après le charye, les plats de la table sont partagés entre les membres de la famille, créant un lien direct entre le monde des ancêtres et celui des vivants.
La structure de cette table rituelle prolonge en réalité les codes d’un repas coréen du quotidien : présence du riz, d’une soupe, de multiples accompagnements et d’un équilibre de saveurs. Elle montre simplement ces éléments dans une version plus solennelle et symbolique, dédiée aux ancêtres.
Saluer les aînés : sebae et vœux
Une fois le charye accompli, vient le temps des salutations aux aînés, le rituel du sebae. Les plus jeunes, vêtus de leurs plus beaux habits, se placent face aux parents et grands-parents, tout comme les petits cousins face à leurs grands-oncles par exemple, et exécutent une profonde révérence en se penchant jusqu’au sol selon un protocole précis. En prononçant les vœux de Nouvel An, ils expriment respect, gratitude et souhaits de bonne santé, de réussite et de bonheur.
Les aînés répondent en retour par des paroles de bénédiction et par le sebaet-don, l’« argent du Nouvel An », glissé dans de petites pochettes. Ce geste, très attendu des enfants, symbolise à la fois le soutien matériel, la confiance dans l’avenir et le rôle central de la transmission au sein de la famille.
Jeux et ambiance familiale
Après les rituels et le grand repas, Seollal se poursuit dans une atmosphère plus détendue. Traditionnellement, les familles se retrouvaient autour de jeux comme le yutnori (jeu de plateau avec bâtons jetés comme des dés), les cerfs-volants ou encore des jeux d’adresse en extérieur. Ces activités, simples et conviviales, prolongent la journée en associant rires, compétitions amicales et moments partagés entre générations : une alternance de temps solennels et d’instants ludiques qui donne à Seollal sa saveur particulière. Il arrive que, dans les milieux urbains, le Seollal se poursuive une bonne partie de la journée autour du repas et de quelques verres de soju.
Les plats emblématiques de Seollal et leur signification

Tteokguk, la soupe qui fait grandir
Plat incontournable de Seollal, le tteokguk est une soupe de gâteaux de riz blancs tranchés finement, servis dans un bouillon clair, souvent accompagné de bœuf, d’omelette découpée en lamelles et d’algue séchée. Le blanc du riz symbolise la pureté et le renouveau, tandis que les tranches ovales rappellent la forme de pièces de monnaie, associées à la prospérité. Selon la tradition, on « prend un an » en mangeant un bol de tteokguk le matin du Nouvel An.
Servir cette soupe à tous les membres de la famille, du plus jeune au plus âgé, revient à souhaiter une année plus sage, plus prospère et plus harmonieuse. Le tteokguk illustre parfaitement la façon dont la cuisine coréenne associe symbolique et plaisir gustatif : un plat simple en apparence, mais porteur de sens, que l’on ne déguste pas seulement pour sa saveur, mais pour ce qu’il annonce pour l’année à venir.
Plats à partager : jeon, japchae, mandu
Autour du tteokguk, la table de Seollal se complète de nombreux plats à partager. On y trouve souvent des jeon, ces galettes salées préparées avec des légumes, des fruits de mer ou de la viande, dorées à la poêle après un passage dans l’œuf. Leur forme ronde et leur texture généreuse évoquent l’abondance et la convivialité. Viennent ensuite les mandu, raviolis que l’on plie en famille la veille, et les japchae, vermicelles de patate douce sautés avec des légumes colorés et parfois du bœuf.
Ces plats ont en commun d’être pensés pour le partage : on les dispose au centre de la table, chacun se sert, les discussions s’animent, les enfants participent à la préparation ou au dressage. Ils incarnent l’idée que l’on souhaite « remplir » la nouvelle année de moments partagés, de diversité et de couleurs. Si vous souhaitez retrouver ces spécialités en dehors de la période du Nouvel An et mieux comprendre comment elles s’intègrent à la cuisine coréenne d’aujourd’hui, notre Guide des plats coréens à découvrir absolument présente en détail japchae, mandu, jeon et bien d’autres incontournables.
Douceurs, gâteaux de riz et boisson de fête
Pour clore le repas, les tables de Seollal accueillent des douceurs qui prolongent le thème de la chance et de la douceur pour l’année à venir. Le yakbap ou yaksik, riz gluant sucré aux jujubes, châtaignes et pignons, est considéré comme un aliment « médicinal », associé à la santé et à la longévité. Les confiseries traditionnelles de riz, réunies sous le terme hangwa, apportent croquant, couleurs et gourmandise.
La boisson sikhye, à base de riz et de malt, est souvent servie en fin de repas, comme un clin d’œil à la digestion et à la douceur. À travers ces desserts et boissons, Seollal se termine sur une note sucrée qui symbolise le souhait d’une année plus douce, plus riche et plus équilibrée que la précédente.
Le rôle discret mais essentiel du kimchi
Même au milieu de cette profusion de plats de fête, le kimchi reste présent sur la table, parmi les banchan. Sa saveur fermentée, à la fois piquante et acidulée, vient équilibrer la richesse des fritures, des viandes et des gâteaux de riz. Il rappelle que, derrière l’exception d’un repas de Nouvel An, se trouve le quotidien de la cuisine coréenne, avec ses préparations patientes et ses recettes transmises de génération en génération.
Pour mieux comprendre pourquoi ce simple chou fermenté est devenu un véritable symbole national, du repas quotidien aux grandes occasions, notre article Le Kimchi : découverte et dégustation revient sur son histoire, sa préparation et sa place centrale dans la gastronomie coréenne.
Tenues et esthétique du Nouvel An coréen

Hanbok et seolbim, l’habit du Nouvel An
À Seollal, la fête commence aussi par ce que l’on porte. De nombreuses familles choisissent de revêtir le hanbok, le vêtement traditionnel coréen, ou au moins d’habiller les enfants de tenues colorées spécialement préparées pour l’occasion, appelées seolbim.
Le hanbok se distingue par ses lignes épurées et ses volumes amples : jupe chima et veste jeogori pour les femmes, pantalon baji et veste pour les hommes. Lors des rituels de Seollal, ces tenues participent à la solennité du moment : elles marquent le respect envers les ancêtres, les aînés et la fête elle-même. Aujourd’hui, beaucoup de Coréens alternent entre hanbok traditionnel, versions modernisées plus pratiques et tenues habillées d’inspiration occidentale, tout en conservant l’idée centrale : se présenter sous son meilleur jour pour accueillir la nouvelle année.
Couleurs et motifs porte-bonheur
L’esthétique de Seollal ne se limite pas à la coupe des vêtements : les couleurs et les motifs sont eux aussi porteurs de sens. La palette traditionnelle dite des obangsaek associe cinq couleurs à des éléments et des vertus : blanc pour la pureté, rouge pour l’énergie et la protection, bleu pour le renouveau, jaune pour la stabilité, noir pour la profondeur et la sagesse. Un hanbok de Nouvel An combine souvent plusieurs de ces teintes pour exprimer visuellement les souhaits de la famille.
Les motifs brodés ou imprimés – fleurs, grues, papillons, tigres stylisés, caractères sino-coréens – amplifient encore ce message. Grues et tortues évoquent la longévité, fleurs et bourgeons rappellent le renouveau, certains symboles protègent des mauvaises influences. Ainsi, même les détails d’un ruban ou d’un norigae (pendentif décoratif accroché à la ceinture) contribuent à faire de Seollal un moment où l’on « porte » littéralement ses vœux pour l’année.
Vivre l’esprit de Seollal à Paris avec Comptoir Coréen
Recréer un repas de Seollal à table
On ne peut pas toujours se rendre en Corée pour Seollal, mais il est possible d’en retrouver l’esprit à travers un repas pensé comme un moment de fête. Chez Comptoir Coréen, l’idée est de vous faire vivre cette atmosphère de Nouvel An coréen en mettant l’accent sur le partage, la variété des plats et l’équilibre des saveurs. Venir à plusieurs, commander plusieurs spécialités au centre de la table et les partager est déjà une manière très fidèle d’entrer dans la culture de Seollal.
Pour composer un repas inspiré de cette fête, vous pouvez par exemple :
- Commencer par des plats à partager comme des mandu (raviolis), des jeon (galettes salées) ou un japchae aux vermicelles de patate douce.
- Poursuivre avec un ou plusieurs plats mijotés réconfortants (jjigae, ragoûts) accompagnés de riz et de banchan variés.
- Terminer sur une touche sucrée à base de riz ou de saveurs coréennes, en l’accompagnant d’un thé ou d’une boisson traditionnelle.
Ce type de repas, à la fois généreux et convivial, respecte l’esprit de Seollal : chacun pioche, goûte, compare, discute, comme autour d’une table familiale le jour du Nouvel An. L’essentiel est là : partager un moment qui fait dialoguer tradition et plaisir immédiat.
Prolonger la découverte de la Corée depuis Paris
Seollal n’est souvent qu’un point de départ pour les curieux qui veulent mieux comprendre la Corée à travers sa cuisine et ses rituels. En venant chez Comptoir Coréen, vous explorez déjà une partie de cette culture par les saveurs, les textures, les codes de table et la manière de partager les plats. Chaque visite peut devenir une étape de ce voyage, qu’elle soit consacrée aux plats mijotés, à la street food ou aux boissons traditionnelles.
Pour continuer ce voyage au-delà de Seollal, notre série d’articles « Découvrez la Corée » propose d’autres angles pour explorer la gastronomie, les traditions et les influences contemporaines de la culture coréenne. De la place du kimchi dans le quotidien aux spécialités emblématiques comme le bibimbap ou le bulgogi, ces contenus complètent l’expérience vécue à table et permettent de mieux relier chaque bouchée à une histoire, une saison ou une fête.
