Manhwa et webtoons : comprendre la BD coréenne moderne
Avant de pousser la porte d’un restaurant coréen, beaucoup découvrent la Corée à travers les écrans. K-dramas, K-pop… et de plus en plus, manhwa et webtoons. Ces bandes dessinées coréennes, qu’on lit désormais surtout en version numérique, racontent des histoires de lycéens, de salariés, de guerriers ou de princesses, mais elles ont un point commun : dès qu’il est question de réconfort, de fête ou de partage, la table n’est jamais très loin.
Une soirée entre amis commence autour d’un grand plat de poulet frit et de bouteilles de soju. Un personnage rentre tard après les cours ou le travail et se prépare un bol de ramyeon brûlant. Une famille se retrouve le week-end autour d’un bibimbap coloré et de dizaines de petits bols de légumes, le fameux banchan. Sans s’en rendre compte, le lecteur mémorise les gestes, les saveurs et les codes d’un repas coréen avant même d’avoir goûté un seul plat.
Le manhwa donne à voir la Corée telle qu’on la vit au quotidien : des conversations, des émotions… et toujours quelque chose à partager au centre de la table.
C’est cette passerelle entre la page et la réalité qui fait le charme de ces histoires pour tous ceux qui s’intéressent à la cuisine coréenne. Les manhwa ne sont pas des livres de recettes, mais ils jouent un rôle précieux : mettre des images et des émotions sur des plats dont on ne connaît pas encore le nom. Bibimbap, ramyeon, tteokbokki, hotteok… autant de mets qu’on identifie d’abord visuellement, à travers les cases et les bulles, avant de les rencontrer en vrai.
Une fois que ces scènes sont familières, un pas de plus suffit pour passer « de la planche à l’assiette » : reconnaître sur une carte le bol de riz multicolore aperçu dans une série, retrouver en restaurant la sauce rouge qui recouvrait les gâteaux de riz d’un webtoon, ou encore goûter enfin ce fameux plat de rue qui accompagnait les confidences des personnages. C’est là que la cuisine coréenne prend tout son sens : elle prolonge l’univers des manhwa dans la vraie vie, autour d’une table bien garnie, entre amis, en couple ou en famille.
Manhwa, webtoon : la BD coréenne qui se lit comme une série
De la bande dessinée papier aux webtoons
À l’origine, le manhwa désigne simplement la bande dessinée coréenne. On la trouvait en volumes papier ou dans des magazines, comme le manga au Japon. Aujourd’hui, le format qui domine est le webtoon : des épisodes à défilement vertical, pensés pour être lus sur smartphone, souvent en couleur, avec une mise en scène très cinématographique qui met en valeur la vie quotidienne, les rues de Séoul et, de plus en plus, la cuisine coréenne.
Deux grandes plateformes jouent un rôle clé dans cette diffusion mondiale : Naver Webtoon / WEBTOON et KakaoPage / Kakao Webtoon. Elles publient chaque semaine des centaines de séries, de la romance scolaire à la fantasy épique, traduites en de nombreuses langues. Pour beaucoup de lecteurs en Europe, c’est là que commence la rencontre avec la Corée : par une histoire lue en diagonale dans le métro, entre deux stations.
Ce succès international a aussi un effet collatéral : il ne s’agit plus seulement de « BD venues de Corée », mais d’histoires qui façonnent l’image de la vie coréenne au quotidien. Cafés, rues de Séoul, appartements, bureaux… et bien sûr restaurants, bars et stands de rue deviennent des décors familiers, presque autant que les personnages eux‑mêmes.
Ce qui distingue un manhwa d’un manga
À première vue, manhwa et manga semblent proches. Pourtant, plusieurs détails changent l’expérience de lecture :
- Sens de lecture : la plupart des manhwa se lisent de gauche à droite, comme une BD européenne, alors que le manga papier respecte encore souvent le sens de lecture japonais.
- Format : les webtoons défilent verticalement, case après case, ce qui permet de jouer avec le rythme, les pauses, les gros plans sur un geste ou sur un plat.
- Couleurs : de nombreux manhwa sont en couleur, ce qui accentue l’impact visuel des scènes de repas, de sauces rouges, de légumes verts, de bols fumants.
Résultat : quand une scène se déroule autour d’une table, le lecteur voit très bien ce qui s’y passe. Le rouge brillant d’un tteokbokki, le jaune d’un œuf au centre d’un bibimbap, la vapeur qui s’échappe d’un bol de ramyeon… tout est mis en valeur. C’est ce réalisme du quotidien qui fait des manhwa un terrain de jeu idéal pour parler de cuisine coréenne, bien avant d’ouvrir une carte de restaurant.
Ce qu’on mange dans les manhwa : repas de tous les jours et street food coréenne
Tables familiales, grands bols et banchan à perte de vue
Les manhwa aiment montrer des moments de vie simples : un dîner en famille, un repas de colocation, un rendez‑vous chez les parents. Dans ces scènes, la table occupe souvent tout le bas de la case. On y voit un grand bol de riz ou de nouilles, entouré de nombreux petits plats de légumes, de kimchi, de sauces. Ce dispositif, ce sont les banchan, ces accompagnements qui transforment un repas coréen en véritable paysage de saveurs.
Au centre, un plat revient régulièrement : le bibimbap. Grand bol de riz recouvert de légumes variés, de viande émincée et d’un œuf, il est visuellement parfait pour une BD : couleurs contrastées, composition circulaire, geste caractéristique quand le personnage mélange tout avec la cuillère. Pour mettre un nom précis sur ce bol qu’on croise partout, il est possible de plonger dans le portrait complet du bibimbap, plat emblématique qui raconte à lui seul l’équilibre de la cuisine coréenne.
Ces grandes tables remplies de bols disent quelque chose de la culture coréenne : on ne mange pas chacun son assiette, mais ensemble autour d’un ensemble de plats partagés. Les manhwa captent très bien ce geste collectif (on pioche, on partage, on discute) et donnent au lecteur l’impression de s’asseoir, lui aussi, à la table.
Cette façon de remplir la table de petits bols est l’un des détails que les manhwa montrent très bien. En un seul coup d’œil, on comprend que le repas coréen se partage autour de plusieurs préparations, du kimchi aux légumes marinés, plutôt que dans une assiette unique par personne.
La street food comme décor des scènes du quotidien
Autre décor récurrent : la rue. Après les cours, après le travail, les personnages se retrouvent souvent autour d’une échoppe ou d’une table haute pour grignoter. Là, deux plats reviennent sans cesse :
- Le ramyeon, ces nouilles instantanées que l’on prépare en quelques minutes et que l’on dévore en soufflant sur la vapeur. Dans les manhwa, c’est le plat des nuits blanches, des révisions de dernière minute, des petits coups de blues. On retrouve cet esprit réconfortant dans la façon dont nous le servons, détaillée dans notre article consacré à cette icône de la street food coréenne.
- Le tteokbokki, bâtonnets de pâte de riz baignés dans une sauce rouge pimentée. C’est lui qu’on voit fumer sur les grandes plaques devant les stands de rue, accompagné parfois d’œufs, de poissons panés ou de brochettes.
Ce dernier est presque un personnage à part entière : il accompagne les confidences entre amis, les rendez‑vous amoureux maladroits, les instants où l’on se réconcilie après une dispute. Pour comprendre pourquoi ce plat est si attaché à l’adolescence et à la vie de quartier, on peut se référer à notre article dédié au cet tteokbokki, cet incontournable de la street food, qui retrace son histoire et ses différentes versions.
À travers ces scènes de rue, les manhwa montrent une facette essentielle de la Corée : celle des snacks partagés debout, des bols improvisés sur un coin de table, des petites choses qu’on mange pour prolonger la discussion. Pour qui aime la cuisine coréenne, c’est une invitation permanente à goûter ces plats en vrai, loin de l’écran, dans un cadre convivial où l’on peut à son tour écrire ses propres histoires.
Quand la cuisine devient héroïne : manhwa culinaires et chefs coréens
Manhwa centrés sur la cuisine coréenne
Si la plupart des manhwa utilisent la nourriture comme toile de fond, certains en font carrément leur sujet principal. Dans ces séries, la cuisine n’est plus seulement un décor : c’est le cœur de l’intrigue. Chefs ambitieux, restaurants en difficulté, héritages à défendre, terroir à valoriser… tout tourne autour des plats, des produits et des gestes.
Un exemple emblématique est Sikgaek (Gourmet). On y suit la rivalité entre deux cuisiniers qui maîtrisent l’art du hansik, la cuisine coréenne traditionnelle. Chaque chapitre met en avant un plat particulier – soupe claire, barbecue, nouilles, ragoût – avec un soin presque documentaire : origine de la recette, saison idéale, région d’où elle vient, manière de la déguster. D’autres manhwa comme Korean Cooking ou des titres traduits en français autour de la cuisine coréenne adoptent une approche plus pédagogique, proche de la recette illustrée, en détaillant les étapes de préparation de plats du quotidien.
On trouve aussi des variations plus fantaisistes : un héros qui devient chef pour un roi dragon, un autre qui ouvre un petit restaurant dans un monde de fantasy, ou encore un personnage qui reconstruit sa vie à travers une boulangerie coréenne. Le point commun reste le même : la cuisine coréenne y est présentée comme un langage à part entière, qui permet de transmettre des émotions, des souvenirs et des histoires familiales.
Manhwa culinaire ou vrai tutoriel de cuisine ?
Ces manhwa donnent souvent l’impression qu’on pourrait reproduire les plats chez soi dès la dernière page tournée. En réalité, ils ne remplacent pas un livre de recettes ou un cours de cuisine. Ils montrent :
- des gestes clés (mélanger le bibimbap, faire revenir la viande, napper le tteokbokki de sauce) ;
- des moments de dégustation (première bouchée, réactions des personnages) ;
- des situations de service (coups de feu en cuisine, critiques gastronomiques, concours).
Ce qu’ils omettent souvent, ce sont les détails qui font une recette réussie : proportions exactes, temps de cuisson précis, gestion de la température, astuces pour adapter un plat aux produits disponibles en France. C’est ce qui fait leur charme – ils restent des histoires – mais aussi leur limite en tant que « tutoriels ».
Ils jouent donc un rôle complémentaire : mettre l’eau à la bouche, donner envie de comprendre ce qu’est vraiment un jjajangmyeon, un samgye‑tang ou un ragoût de pâte de soja, puis laisser la place à d’autres supports pour passer à la pratique : restaurants, ateliers, livres, blogs spécialisés sur la cuisine coréenne.
De la planche à l’assiette : retrouver les plats des manhwa chez Comptoir Coréen
Reconnaître en vrai les plats vus dans les cases
Une fois qu’on a passé des heures à voir des personnages manger, impossible de rester indifférent face à un menu coréen. Beaucoup de lecteurs arrivent au restaurant avec une impression de déjà‑vu : ce bol-là ressemble à celui d’un webtoon, ce plat rouge évoque une scène précise, ces petits bols alignés rappellent une table familiale dessinée dans un manhwa.
Le bibimbap coloré, les bols de ramyeon fumants, le tteokbokki brillants de sauce, les petits plats de banchan… tous ces éléments que l’on croise régulièrement dans les BD coréennes se retrouvent sur la table. Cette reconnaissance visuelle crée un pont naturel entre l’univers de la lecture et l’expérience du repas : on sait déjà comment se tenir, où poser les baguettes, comment partager.
Pour celles et ceux qui souhaitent mettre un nom sur ce qu’ils ont vu dans leurs séries préférées, il existe un bon point de départ : un panorama des préparations incontournables, avec photos, explications et conseils de dégustation, comme dans ce guide des plats coréens à découvrir absolument. Il permet de passer de « ce plat avec des gâteaux de riz rouges que j’ai vu dans un manhwa » à « du tteokbokki, voilà comment c’est préparé, voilà comment je peux le commander ».
Faire vivre l’esprit des manhwa à table
Ce qui touche le plus dans les manhwa, ce n’est pas seulement ce qu’il y a dans les bols, mais ce qui se passe autour : retrouvailles entre amis, confidences tardives, célébrations improvisées, repas de réconfort après une journée difficile. La cuisine coréenne s’y impose comme un langage de la convivialité et du partage.
En retrouvant ces plats dans un restaurant coréen, on prolonge cette atmosphère. On ne se contente pas de « tester un plat vu sur un écran » : on recrée, à sa manière, ces scènes de vie où l’on parle en picorant dans les mêmes assiettes, où l’on partage un ragoût, un bol de nouilles ou quelques gâteaux de riz pimentés. L’esprit des manhwa devient alors une réalité à la table, dans le bruit des conversations, la chaleur des plats et le plaisir simple de manger ensemble.
Repères pratiques pour les lecteurs de manhwa curieux de cuisine coréenne
Mettre un nom sur les plats vus en BD
Certains plats reviennent si souvent dans les manhwa qu’ils deviennent presque des personnages secondaires. Pour les reconnaître plus facilement :
| Ce qu’on voit dans les manhwa | Nom du plat | En quelques mots |
|---|---|---|
| Grand bol multicolore avec riz, légumes, viande, œuf | Bibimbap | Riz mélangé avec garnitures variées et sauce pimentée |
| Bâtonnets de pâte de riz dans une sauce rouge | Tteokbokki | Street food épicée, souvent mangée debout entre amis |
| Bol de nouilles fumantes, parfois tard le soir | Ramyeon | Nouilles instantanées très populaires, plat de réconfort |
| Petits bols nombreux autour d’un plat central | Banchan | Accompagnements variés qui complètent le repas |
Une fois ces repères en tête, il devient beaucoup plus simple de reconnaître ces préparations sur une carte, dans un article ou sur une photo de restaurant. Ce n’est plus seulement « le plat rouge » ou « le grand bol de la BD », mais un nom, une recette, une histoire à part entière.
Passer de la lecture à la dégustation
Pour celles et ceux qui souhaitent mettre un nom sur ce qu’ils ont vu dans leurs séries préférées, un bon point de départ est un panorama des préparations incontournables, avec photos, explications et conseils de dégustation, comme ce guide des plats coréens à découvrir absolument. Il permet de passer de « ce plat avec des gâteaux de riz rouges que j’ai vu dans un manhwa » à « du tteokbokki, voilà comment c’est préparé, voilà comment je peux le commander ».
- Repérer les plats récurrents dans ses séries préférées et noter leur nom lorsqu’il apparaît.
- Observer la manière dont les personnages partagent les plats : tout au centre de la table, avec de nombreux petits bols.
- Oser poser des questions en restaurant ou chercher des ressources fiables pour comprendre la composition de chaque plat.
La force des manhwa est de rendre ces moments familiers bien avant la première bouchée. Quand vient le moment de s’asseoir à une table coréenne, il n’y a plus qu’à se laisser guider par ce qu’on a déjà vu mille fois en dessin : un bol partagé, des conversations qui s’animent et le plaisir de découvrir de nouvelles saveurs, une par une, comme on tournerait les pages d’une histoire.
2 adresses à Paris pour découvrir et déguster la cuisine coréenne.
- COMPTOIR CORÉEN ODÉON (Soju Bar)
Paris 6
infos pratiques –
Voir le menu
01 42 49 35 44 - COMPTOIR CORÉEN CITÉ
Paris 14
infos pratiques –
Voir le menu
06 51 56 43 02
À emporter ou sur place : retrouvez nos ragoûts coréens ; sundubu jjigae, kimchi jjigae et autres jjigae, mais aussi bibimbap, japchae, tteokbokki, kimchi maison et bien plus, dans nos restaurants ou à emporter, pour prolonger l’expérience Comptoir Coréen où que vous soyez à Paris.
Réservez votre table ou commandez à emporter sur comptoircoreen.fr
